vendredi 11 novembre 2016

on pourrait l'appeler arc-en-ciel

Ces quelques lignes de politique-fiction n'ont qu'un but récréatif. Comme dans d'antérieures anticipations de Stratediplo, les événements futurs sont en italique.
 
11 mai 1981
Tous les grands instituts de sondage français, ainsi qu'un certain nombre de journaux, déclarent qu'ils avaient vu juste en prévoyant l'élection de M. François Mitterrand, même s'ils avaient unanimement et mensongèrement prédit celle de M. Valéry Giscard dit d'Estaing par conformisme politique.
 
Octobre 2016
Toute la presse "occidentale" explique aux Etats-Uniens qu'ils doivent absolument élire la très prévisible criminelle contre la paix Mme Hillary Clinton plutôt que le déclaré imprévisible entrepreneur M. Donald Trump ; de nombreux pays dans le monde, par la voix de leur gouvernement, font part de leurs inquiétudes quant à l'élection possible de Donald Trump. De son côté la presse d'orientation "démocrate" (simple référence à un parti politique portant ce nom) aux Etats-Unis accuse avec insistance la Russie d'ingérences multiples dans la vie politique états-unienne.
 
7 novembre 2016
Tous les supports de presse alimentés par les agences des pays de l'OTAN, à savoir Associated Press, l'Agence Française de Presse et Reuters, annoncent que l'élection censitaire présidentielle états-unienne sera remportée par Hillary Clinton, certes de justesse, mais en conformité avec tous les sondages publiés par la presse.
 
8 novembre
Au fur et à mesure du dépouillement des résultats de l'élection, les media rapportent que le score est serré comme prévu, mais que Mme Clinton devrait l'emporter.
 
9 novembre 2016
Au petit matin la presse états-unienne, relayée dans le monde entier, annonce l'élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis d'Amérique. De nombreux chefs d'Etat et politiciens européens font publiquement part de leur déception au sujet de l'électorat états-unien, et de leurs graves inquiétudes au sujet de la poursuite des opérations de démocratisation du monde entreprises par les Etats-Unis, ainsi que de la paix dans le monde.
 
10 novembre
Pusieurs meneurs d'opinion états-uniens, notamment du monde du spectacle et de la finance, appellent l'électorat minoritaire du parti soi-disant démocrate à protester dans la rue contre la victoire majoritaire dans les urnes du parti dit républicain. En réponse à ces appels, des manifestations non préalablement autorisées éclatent dans plusieurs grandes villes des Etats-Unis, et passent en quelques heures de la manifestation violente nocturne à l'insurrection sans esprit de reddition. La presse internationale sous influence états-unienne rapporte que de nombreux mouvements ont pris "spontanément" (mais à l'invitation de quelques personnalités influentes) naissance aux Etats-Unis, les uns pour contester le résultat de l'élection, les autres pour exiger son invalidation, et d'autres encore pour intimer au candidat du parti majoritaire de proclamer la victoire de la candidate du parti minoritaire. Plusieurs chefs d'Etat alliés des Etats-Unis somment le futur président de préciser au plus tôt ses intentions réelles en matière de politique étrangère. La presse à sensation états-unienne rappelle qu'une voyante balkanique avait annoncé il y a vingt ans que le quarante-quatrième président des Etats-Unis d'Amérique serait le dernier et qu'il serait un homme de couleur, et qu'elle avait annoncé aussi l'effondrement des Etats-Unis en 2016 et une invasion musulmane en Europe la même année. La presse étrangère accréditée aux Etats-Unis évoque des appels publics à la sécession dans plusieurs provinces des Etats-Unis.
 
11 novembre
Un sondage estime que, bien que seulement 61% du corps électoral californien ait voté pour Hillary Clinton, 76% des sondés sont en faveur de la sécession de la Californie, et la presse indique les étapes juridiques d'une sécession constitutionnelle. La presse états-unienne rapporte que des millions de citoyens exigent sur internet la révision du résultat de l'élection. Elle rappelle que le parti républicain n'a remporté que le suffrage populaire direct, mais que les grands électeurs n'éliront formellement le président que le 19 décembre. Les media annoncent qu'une pétition, appelant les grands électeurs (en majorité élus et mandatés pour voter pour Donald Trump) à trahir leurs électeurs et leur parti en votant pour Hillary Clinton, a collecté des millions de signatures anonymes en quelques heures. Plusieurs autorités médiatiques appellent à assassiner le futur président Donald Trump. Le blogographe Diplostratus rappelle que la parité entre les monnaies n'a pas encore pris acte de la division par 55 du pouvoir d'achat (en or) du dollar entre le défaut de paiement des Etats-Unis le 15 août 1971 et le gel du cours de l'or par la capitulation de la Suisse le 6 septembre 2011, ni de l'augmentation de la dette états-unienne de plus d'un tiers depuis lors, et il assure que la grande finance du dollar blâmera nécessairement un événement sans rapport ou une personne innocente de l'inévitable révélation de la division de la valeur du dollar par au moins 73 (chiffre ignorant les autres facteurs comme l'augmentation de la masse monétaire), c'est-à-dire la perte de plus de 98% de sa valeur.
 
12 novembre
La presse du monde entier retransmet les images des insurrections hors de contrôle aux Etats-Unis.
 
13 novembre
Georges Soros, l'homme qui a détruit le système monétaire européen en 1992 mais se vante seulement d'avoir "fait sauter la banque d'Angleterre", annonce (semble ordonner) une fuite massive des capitaux hors des Etats-Unis pour le 10 janvier en cas d'investiture du président Trump. Wikileaks publie des milliers de courriels qu'Hillary Clinton avait signés en tant que directrice exécutive d'Otpor. Munie d'un drapeau multicolore des défilés de raccolage transhomométasexuels la chanteuse sataniste Madonna déclare aller au Congrès pour régler toutes ses dettes, sans distinction de sexe, devant la télévision.
 
14 novembre
La presse financière mondiale publie les sondages "sortie des urnes" du 8 novembre montrant qu'une nette majorité d'Etats-Uniens avaient alors déclaré qu'ils venaient de voter pour la candidate du parti démocrate. Sur la place Tahrir de New-York, plusieurs journalistes canadiennes, mexicaines et européennes sont violées par des clintoniens portant des masques à l'effigie de Donald Trump barbouillés de rouge sang. Sur la place Maïdan de Washington, des tireurs d'élite embusqués sur les toits abattent simultanément des manifestants clintoniens et des policiers. Le président d'ex-Ukraine Petro Porochenko propose d'envoyer aux Etats-Unis des tontons bercoutes en éléments précurseurs du bataillon Azov.
 
15 novembre : le maire (parti démocrate) de Washington obtient le déploiement dans la ville et autour du Capitole d'un effectif de l'armée territoriale (dite garde nationale) double de celui déployé à Baltimore en 2015, et annonce que c'est sous cette protection que le congrès élira le prochain président le 19 décembre. Sans attendre, vers minuit la foule de la place Maïdan à Washington commence à marcher sur la Maison Blanche locale (ne pas confondre avec la Douma de Moscou).
 
16 novembre
La presse états-unienne annonce que le président Barack Hussein Obama s'est enfui pendant la nuit à bord d'un hélicoptère. Le Mexique et le Canada annoncent la fermeture temporaire des frontières en raison de l'afflux de réfugiés états-uniens.
 
17 novembre
Des rumeurs font état d'un lynchage de rue du populiste milliardaire Donald Trump, d'autres rumeurs évoquent une arrestation ou un enlèvement par une unité apparemment professionnelle, armée et masquée. Le service de presse du gouvernement fédéral des Etats-Unis annonce une intervention télévisée du président par interim Joe Biden et de la future présidente Hillary Clinton à 20h00, sur le grave sujet de la tentative russe de déstabilisation du processus démocratique en Amérique.
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lundi 31 octobre 2016

ce conflit inévitable n'a rien d'ethnique

Un esprit lucide exerce aujourd'hui son devoir d'expression pour attirer l'attention sur l'importance des ébats préliminaires partisans dont pourrait sortir le prochain président de la république destiné à savoir ou ne pas savoir éviter la guerre civile ethnique.
 
Il met le point sur une question primordiale, le caractère inéluctable du conflit, qui adviendra que l'on décide ou non de déclarer l'incompatibilité de l'islam et de la démocratie, n'en déplaise à certains candidats à l'exécution suprême ("magistrature" est inadapté à quelqu'un qui ne vise pas le judiciaire) qui disent être prêts à n'importe quelle concession envers l'islam pour éviter la guerre civile.
 
Car effectivement le conflit aura lieu, il est désormais inévitable compte tenu du rapport de forces. Ce qui n'est pas encore certain est la forme que prendra ce conflit.
 
Le gouvernement peut reconnaître a minima l'incompatibilité de l'islam avec la démocratie (dont beaucoup de peuples se passent avec bonheur), voire avec les droits de l'homme (femme notamment), référence de la constitution actuelle, sans même avoir à se prononcer sur la compatibilité de l'islam avec la loi naturelle, avec les droits et devoirs des hommes entre eux et envers Dieu, ou avec les fins ultimes de l'homme, référentiels et sources de droit rejetés par la république. Mais même en se contentant de reconnaître l'incompatibilité de l'islam avec la constitution française, le gouvernement se mettrait dans l'obligation de neutraliser cette contravention et d'éradiquer l'idéologie qui la prône. Dans l'hypothèse plus que vraisemblable où les porteurs de cette idéologie ne se laissent pas convaincre, le gouvernement devra recourir à la force pour rétablir le respect de la loi sur l'ensemble du territoire français, et il est alors plus que plausible que les tenants du droit étranger résistent non seulement par les armes, et on sait qu'ils en ont, mais également par toutes les modalités d'assertion, d'intimidation et de coercition qu'on leur connaît. Cette population-là entrera en insurrection contre le gouvernement. Les opérations que celui-ci mènera, selon sa détermination et l'évolution de la situation, pourront être qualifiées de rétablissement de l'ordre, voire de contre-guérilla selon le niveau d'organisation et de combativité de l'insurrection. La population insurgée minoritaire s'en prendra bien sûr plus aisément à la population loyaliste majoritaire qu'aux forces gouvernementales, qui de leur côté devront éviter les dommages collatéraux et déployer suffisamment de puissance pour protéger la population loyaliste attaquée et éviter qu'elle riposte par elle-même. Il ne s'agira donc pas dans ce cas d'une guerre civile.
 
Le gouvernement peut refuser de déclarer l'illégalité de l'islam, laissant cet autre système juridique s'installer totalement dans plus d'enclaves qu'il n'en a déjà, et progresser subrepticement, partiellement, au niveau national grâce à des tolérances, transformées en privilèges puis institutionnalisées par la jurisprudence ou l'amendement progressif du corpus juridique. C'est la voie dans laquelle s'est résolument engagé le régime : il se refuse à faire appliquer le droit encore officiellement en vigueur et à protéger la population légaliste, et cette retraite sera de plus en plus perçue comme un encouragement envers la population adepte du droit non français à appliquer ce droit étranger, qui n'est pas seulement distinct mais également inégalitaire en supposant et imposant la subordination de la population de droit français. Dès lors, et au fur et à mesure de l'avancement de l'entreprise de soumission de la population loyaliste, celle-ci sera amenée au minimum à se replier dans des emprises qu'elle devra sécuriser elle-même face aux incursions de l'islam, et au pire à s'insurger contre le régime qui a décidé son assujettissement si celui-ci engage ses moyens de maintien de l'ordre dans les opérations de changement d'ordre, comme en 1961. Dans le cas d'un affrontement direct entre les tenants du droit français et les adeptes du système juridique de l'islam, sans intervention du gouvernement, il s'agira d'une guerre civile, qui plus est interne si l'on ne veut pas considérer qu'en adoptant un droit non français, un parti a fait allégeance à l'étranger. Dans ce cas le refus gouvernemental de constater l'incompatibilité de l'islam avec le droit français aura effectivement provoqué la guerre civile.
 
Le gouvernement peut aussi décider de reconnaître le caractère international de l'agression contre le droit français, non pas en lançant après chaque sacrifice rituel en France des opérations Brochet de représailles gesticulatoires contre les bâtiments occupés (et rapidement évacués sur ordre) par des assassins ou des guérilleros qui ignorent qu'à des milliers de kilomètres de là quelqu'un a revendiqué ses crimes en leur nom, mais en expulsant les prédicateurs tous étrangers de cette idéologie, en coupant ses flux de financement étrangers, en prohibant toute apologie orale ou écrite de l'application d'un droit non français en France, en interdisant l'allégeance des citoyens et résidents français à ce droit étranger... comme on l'a montré dans le Septième Scénario, une telle et soudaine revendication et utilisation du monopole d'emploi de la force par le gouvernement entraînerait rapidement le dévoilement et l'intervention militaire en France d'un pays ou d'une coalition, ce qui avèrerait le caractère international de la guerre.
 
Mais ce conflit, qu'il soit une opération de rétablissement de l'ordre, une guerre civile ou une guerre internationale, n'aura pas de caractère "ethnique", pour reprendre le concept allemand fallacieusement utilisé depuis les années quatre-vingt-dix sur un continent européen qui a dépassé le stade tribal il y a des milliers d'années. Les tenants de l'idéologie révolutionnaire nationaliste qui croient aux nations française, italienne, allemande et espagnole ne peuvent accepter ce qualificatif de guerre ethnique pour un conflit au sein d'un Etat-nation. Les contrerévolutionnaires qui croient aux peuples breton, basque, catalan, provençal et ligure savent qu'on peut être catalan chrétien, juif, athée ou musulman et que c'est ce choix personnel qui dictera la place de chacun de part et d'autre de la ligne de confrontation. Si le conflit entre le droit français et le droit d'islam est porté par les musulmans, quels que soient leur nationalité officielle, leur peuple d'origine ou leur province d'adoption, ce n'est peut-être pas une guerre de religions au pluriel, mais c'est bien une guerre de religion au singulier.
 
Le conflit est inévitable puisqu'il a commencé, la confrontation entre les deux systèmes juridiques faisant régulièrement des morts. Ce que le régime peut encore définir est le type de conflit, en choisissant la répression étatique (le rétablissement de l'ordre), quitte à accepter l'internationalisation, pour éviter la guerre civile. Mais dans tous les cas il n'y a aucune dimension ethnique, ce qui a commencé est une guerre de religion.

lundi 24 octobre 2016

partition ou sécession ?

Quand le président François Hollande parle de tenter d'éviter quelque chose, c'est souvent de mauvais augure.
 
Ainsi, après avoir envoyé l'armée française en Centrafrique à la fois pour sauver le régime islamiste issu du coup d'Etat Séléka venu du Soudan et pour s'interposer entre les 10% de population musulmane au pouvoir et les 90% de population chrétienne dans la rue, il a prétendu le 28 février 2014 que "il faut éviter qu'il y ait la moindre tentation de partition".
 
Puis, après avoir engagé tous les moyens diplomatiques et médiatiques (et quelques moyens militaires et économiques) pour soutenir les islamistes envoyés en Syrie par le Qatar, l'Arabie et la Turquie pour y installer par la force une dictature islamiste, il a assuré le 3 octobre 2015 que "ce qui est important, c'est d'éviter la partition de la Syrie et surtout une lutte religieuse".
 
A ses yeux donc l'imposition du joug mahométan (même par une intervention étrangère) n'autorise pas la sécession des populations qui le refusent.
 
Aussi on ne peut qu'être interpelé par sa formule, appliquée cette fois à la France le 12 (?) octobre 2016, s'interrogeant et constatant "comment peut-on éviter la partition ? Car c'est quand même ça qui est en train de se produire, la partition".
 
Beaucoup de Français ignoraient encore que leur président comparait désormais la situation de la France à celles de la Syrie l'année dernière et de la Centrafrique il y a deux ans. Il évoque d'ailleurs le démembrement, qu'il s'agisse d'un démantèlement imposé ou d'une dislocation spontanée, par un mot étranger, dont le faux-ami français est souvent complété de l'expression "bien réglée". Car partition, dans le sens de morcellement, c'est l'une des deux alternatives couramment considérées et discutées aux Etats-Unis d'Amérique pour décrire les modalités de la destruction de leurs ennemis, puisqu'ils ne visent jamais l'armistice, la capitulation ou le traité de paix mais systématiquement la destruction, et étudient toujours, selon le critère de la valorisation économique possible des ruines, ce qu'ils appellent la "solution parking" appliquée par exemple au Japon en 1945, en Irak en 1991 et en Serbie en 1999 et la "solution partition", appliquée par exemple en Yougoslavie en 1992, en Irak en 2003 et en Libye en 2011. La référence affichée par le président Hollande par le choix du terme est explicite.
 
Le démembrement de fédérations hétérogènes, c'est-à-dire la séparation de peuples distincts attachés à leurs terres respectives, n'est pas incongru en soi après la disparition de leur facteur d'unité et pour éviter, ou terminer, des déchirements violents. L'empire d'Autriche-Hongrie a ainsi été démembré en provinces, pour n'avoir pas appliqué assez rapidement la méthode nationaliste (de la révolution dite française) d'unification par la langue et par la juridiction. Flandres et Wallonie, unies par la religion face aux Pays-Bas lorsque c'était un facteur d'appartenance essentiel, se séparent maintenant que la langue est devenue le critère d'identification, au même moment où les provinces des Slaves du Sud unies par la langue se séparent pour la religion redevenue un discours central, et c'est la cohabitation, voulue par un peuple totalitaire ("un seul pays, un seul peuple et une seule religion" selon l'islamiste Izetbegovic) et forcée par la coercition multinationale, qui introduit la guerre.
 
En ce qui concerne la France, au 14° siècle on ne s'est pas posé la question : tout territoire pris par les autres était considéré occupé, et les nôtres faisaient tout ce qu'il fallait pour le récupérer. Si les nôtres se divisaient aujourd'hui en communautés distinctes on comprendrait qu'ils se regroupent territorialement (ce fut le cas après la réforme protestante), reconstituant peut-être les provinces abolies par la révolution. Mais l'impossibilité de cohabitation à laquelle se réfère le président Hollande ne se situe pas au sein des nôtres, elle est entre les nôtres et les autres, les sujets de la France et ceux qui ont fait une allégeance extérieure. Ces autres n'occupent d'ailleurs pas un territoire spécifique, ils occupent la périphérie des villes sur tout le territoire national. Comme en Bosnie et Herzégovine où les paysans avaient réussi à conserver leur religion et leur identité slave tandis que certains citadins avaient au cours des siècles et à force d'empalements adopté la religion, les us et partiellement la langue de l'occupant turc, il n'y a aucun grand territoire nôtre et grand territoire autre, pour l'instant. Comme en Bosnie et Herzégovine également, le pays profond, plus désuni que divisé, accepterait peut-être de perdre quelques villes si c'était le prix à payer pour garantir la paix dans ses campagnes, mais les autres revendiquent l'application de leur loi sur l'ensemble du territoire national, entendant bien continuer à faire nourrir les villes par les campagnes.
 
Cependant, en France la question a déjà été tranchée au 20° siècle par un officier félon qui, arrivé au pouvoir par son dernier coup d'Etat, a décidé d'abandonner aux autres, qui étaient moins de 20% de la population, une dot d'émancipation correspondant à 80% du territoire métropolitain, en laissant miroiter aux nôtres la paix au prix de la déportation de seulement 2 ou 3% d'entre eux. Le colonel de Gaulle a fondé l'Algérie sur les quatre-cinquièmes de la France métropolitaine. La partition évoquée par François Hollande a donc eu lieu. C'est du passé. C'est consommé. C'est terminé. Les nôtres n'accepteront pas une autre division et une autre aliénation imposée des 20% de territoire qui ont, il y a deux générations à peine, été laissés aux 80% de la population souhaitant rester nôtre. De toute façon les populations nôtres et autres sont comme on l'a dit géographiquement imbriquées, il n'existe pas à l'heure actuelle de ligne de partage géographique permettant de procéder à une ablation.
 
Néanmoins le choix par François Hollande du terme partition, utilisé pour la première fois en France dans ce sens lors de l'émancipation fractionnée des Indes britanniques, révèle bien sûr une vision jacobine selon laquelle le partage est dicté d'en haut. Dans la conception républicaine où le pouvoir central fait et défait arbitrairement les départements, les régions administratives ou les cantons au gré de la vitesse de déplacement des commis de l'Etat ou des nécessités du découpage électoral, les particules élémentaires interchangeables (même plus sexuées) "citoyens" sont regroupées en circonscriptions sans mandat de représentation, et encore moins détentrices d'essence, de souveraineté ou même d'identité juridique, qui ne servent que de pouvoirs d'administration déconcentrée (pas déléguée) de la masse. En république l'Etat croit posséder le pays et pouvoir en disposer comme il l'entend, et le fondateur de la V° a vite renversé dans les faits ce qu'il a inscrit dans la constitution comme "intégrité du territoire", manifestement pas aussi sacré que "l'indisponibilité du domaine" des lois fondamentales.
 
La partition du diviser pour mieux asservir représente aussi un diktat autoritaire dans la philosophie punitive états-unienne, souvent mis en œuvre par le truchement d'un gouvernorat multinational. Et effectivement, comme on l'a montré dans le Septième Scénario, quelques mois suffiraient pour voir le durcissement d'une insurrection locale, la stabilisation de lignes de séparation puis le déploiement sur celles-ci d'un dispositif international d'interposition, c'est-à-dire la matérialisation de frontières et la réalisation d'un morcellement.
 
Mais ce n'est qu'au prix de dures violences au sein même de la population, ou plus exactement entre populations nôtres et autres, qu'on pourrait provoquer, là comme ailleurs et aujourd'hui comme en d'autres temps, la séparation des goutelettes d'eau et d'huile de l'émulsion en deux couches homogènes superposées. Certes l'exécutif dispose peut-être d'éléments lui donnant la certitude que ces violences auront lieu et que la séparation des communautés s'opèrera. Mais il ne saurait préjuger ni de l'issue de ces violences, ni de la solution que choisiront les Français cinq siècles après la fin de la première Guerre de Cent Ans.
 
N'en déplaise aux idéologues républicains de la nation unique, les peuples français sont souverains en France, et souverain chacun sur son territoire. Le régime de service à Paris ne peut leur dicter ni de quitter leur territoire, ni de le céder totalement ou partiellement, ni de le soumettre à un joug inique et inhumain. Heureusement la toute-puissance de l'énarchie ne change rien à la fatalité que les régimes intérimaires n'endurent pas l'adversité. Des vingt-deux régimes qui se sont succédés en un peu plus de 220 ans, un seul (sauf erreur) a survécu à une guerre, et la V° ne survivra pas aux déchirements qu'entrevoit François Hollande. Une fois recouvrée leur souveraineté, certains peuples nôtres choisiront peut-être la xénélasie, d'autres choisiront l'indépendance pour la restauration de leurs frontières et la préservation de leur mode de vie. Et si on a montré, dans le Septième Scénario, que l'Etat actuel n'a pas les moyens militaires de reprendre une ville d'un million d'habitants prise par quelques milliers de combattants amateurs, il est évident qu'après effondrement et violences ce qui restera de pouvoir sera incapable de s'opposer à la sécession d'une province.
 
Il est osé de parler de partition aujourd'hui, il sera illusoire d'interdire la sécession demain.

dimanche 16 octobre 2016

prochain théâtre

Il semblerait que, en dépit de l'opposition des Etats-Unis d'Amérique et de leurs suppôts, une partie des terroristes qui tenaient en otage les 10% de population d'Alep-est (90% sont restés ou passés sous la protection des forces gouvernementales à l'ouest) aient accepté l'offre du gouvernement syrien et de l'envoyé spécial de l'ONU Staffan de Mistura, à savoir se retirer avec armes et bagages bien que sans esclaves.
 
En ce sens l'offre gouvernementale s'inscrit plus dans une optique de maintien de l'ordre, où l'on laisse aux manifestants une voie de retrait et de dispersion, que dans une optique militaire où après avoir fixé l'ennemi on le neutralise, en le détruisant s'il refuse de déposer les armes et de se rendre. C'est aussi une optique injuste puisque les nombreux crimes que ces terroristes ont commis, jusqu'à la dernière minute, sur la population locale qu'ils ont violée, décimée, tenue en otage puis dernièrement utilisée comme bouclier humain, resteront impunis. Et c'est une optique illégale puisqu'aucune amnistie n'a été décidée par le pouvoir législatif, et que le gouvernement facilite donc le retrait en bon ordre de l'équivalent de deux brigades, qui iront reprendre ailleurs leurs activités. Ce n'est pourtant pas dans une optique d'ordre public que le gouvernement syrien a fait cette proposition, puisqu'il sait que la quasi-totalité de ces guérilleros sont étrangers et qu'une bonne partie ne parle même pas l'arabe, raison justement pour laquelle les Etats-Unis ont sérieusement considéré aller les sauver manu militari, et s'opposaient à tout ce qui pouvait donner lieu à une capture, tout en ne les ayant ni équipés d'un uniforme militaire qui les distingue des civils, ni reconnus comme troupe supplétive afin qu'ils puissent bénéficier des avantages réservés aux prisonniers de guerre, dont la convention de Genève. En réalité le gouvernement syrien a, une fois de plus, agi avec discernement, humanité et responsabilité, en choisissant l'option pragmatique la plus à même d'éviter la mise à mort de dizaines de milliers d'otages syriens par ces milliers de terroristes mercenaires. Officiellement on ne négocie pas avec des terroristes, en pratique on n'abandonne pas des otages innocents.
 
La question qu'on pourrait se poser est que vont devenir tous ces barbares, meilleurs au canif à égorger et au viol bismillah qu'à la Kalachnikov. La question revêt une certaine importance si l'on considère qu'il ne s'agit pas des huit ou dix mille moudjahidines qui occupaient Alep-est, pas des quelques milliers acheminés de Libye par voie aérienne au début 2011, pas des vingt ou trente mille combattants dont le renseignement états-unien crédite régulièrement l'Etat Islamique, mais des centaines de milliers introduits en Syrie essentiellement par la frontière turque, plus ceux recrutés parmi les Syriens arabes sunnites et ceux introduits par la Jordanie, moins la centaine de milliers neutralisée par l'armée syrienne et ceux repartis volontairement.
 
On parle là, peu ou prou, de deux cent mille hommes, professionnels du combat de guérilla et de l'exaction sur les populations.
 
Comme ceux que l'on appelait "les Afghans" dans les années quatre-vingts et qu'on a ensuite envoyés en Yougoslavie, ces gens-là ne sont pas les bienvenus dans leurs pays d'origine, du moins ceux, fussent-ils sous gouvernement islamique, qui savent ce qu'est un combattant de l'islam (certes les pays européens accueilleront leurs ressortissants bras et subventions ouverts). De l'Albanie à l'Indonésie en passant par les pays arabes, hindoustans, turcomans et africains, ces trucideurs d'Allah trouveront closes les portes de leurs pays d'origine. Comme pour leurs prédécesseurs des décennies précédentes, leurs recruteurs, financeurs, formateurs et employeurs devront donc leur donner (et ont déjà décidé), faute de reconversion individuelle, une nouvelle affectation collective. Et il ne s'agira pas d'un pays déjà livré à l'islamisme, ni d'un pays dont la population s'en est récemment (plus ou moins complètement) libérée, comme l'Egypte ou la Tunisie.
 
On peut déjà entrevoir trois destinations possibles. En toute logique les trois sont déjà sur la liste des futurs théâtres d'opérations de l'islam, établie à Washington et transmise à Riyad, mais il serait intéressant de savoir quel front sera ouvert en premier.
 
Il y a, de nouveau, la première puissance militaire d'Afrique bien que non interventionniste même dans son environnement immédiat, qui a longtemps constitué un pôle de stabilité en Afrique du Nord, qui a su écraser dans le sang l'islamisme il y a vingt ans mais dont la population se renouvelle et rajeunit si vite qu'elle n'a pas de mémoire, et dont l'entretien volontaire, par le gouvernement, d'une fracture entre générations (même si elle est aujourd'hui plus économique que linguistique), assure comme il y a vingt ans le recrutement facile d'une génération exclue de la société et en quête d'identité. Ce pays, qui doit impérativement exporter pour nourrir une population totalement dépendante de l'aide sociale, vient d'être ruiné par deux ans d'écrasement des prix du pétrole (visant à affaiblir la Russie), et dès le début de la pénurie il sera facile d'y briser la société. Avantage accessoire, une déstabilisation de ce pays par la violence et la famine enverrait une portion non négligeable de sa population à l'assaut de la France. Il s'agit bien sûr de l'Algérie, au régime déjà chancelant et à l'armée puissante, mais dépendante de la solde mensuelle.
 
Une autre destination possible est l'ennemi que se sont choisi les Etats-Unis depuis qu'ils ont fait la paix avec l'Iran en prévision de l'épuisement du pétrole séoudien. La rhétorique est prête, les corridors d'acheminement ont déjà été testés, les vallées où avaient été établis les camps d'entraînement des années quatre-vingt-dix sont toujours là, deux petits pays voisins au sud sont prêts à s'impliquer, et une grande puissance voisine y trouverait son intérêt propre dans son aire culturelle et d'influence, ce qui au passage l'ancrerait plus solidement dans l'OTAN dont on la soupçonne de vouloir s'écarter. Il s'agit bien sûr de la Russie, qui a déjà dans un passé récent été localement déstabilisée dans son Caucase musulman, comme l'URSS elle-même avant son démembrement.
 
Enfin un autre théâtre possible, au sujet duquel on écrivait il y a trois ans la formule "printemps islamiste + révolution de couleur = printemps vert", est celui où les Etats-Unis ont déjà, après les événements suburbains français de 2005, identifié, invité et formé des "espoirs" ou futurs cadres de contact d'émergence spontanée, qui ont aujourd'hui dix ans de plus. Il s'agit bien sûr de l'Europe occidentale. Aux sceptiques on rappellera comment a démarré la déstabilisation de la Syrie, cette révolution des vendredis qui enflammait les rues à l'appel au djihad, le vendredi midi à la sortie des mosquées, et se dispersait à l'appel du sommeil, le vendredi soir ou le samedi au petit matin. On rappellera qu'il y a plus de mahométans en France qu'en Tunisie, plus de centres d'endoctrinement et de recrutement aussi même avant que ce pays ne ferme ses mosquées.
 
Dans les trois cas, il ne s'agit plus cette fois d'un pays de vingt millions d'habitants, mais il y a, bien plus qu'en Syrie, des franges de population susceptibles d'être rapidement enrôlées.
 
Delenda Carthago.

victoire syrienne

Les prochaines semaines vont révéler la défaite des troupes supplétives sunnites de l'OTAN et du Conseil de Coopération du Golfe en Syrie.
 
Il aura certes fallu pour cela que la Russie accepe de fournir à la Syrie un soutien militaire, ouvertement et en vertu d'un accord de défense signé entre deux pays souverains, reconnus et membres de l'ONU. La Russie s'y est résolue après quatre ans et demi d'une agression asymétrique et clandestine contre la Syrie, où l'axe agresseur a envoyé des centaines de milliers de combattants et terroristes mercenaires, leur a servi des salaires mensuels supérieurs au revenu moyen syrien, les a entraînés en Jordanie et en Turquie, les a armés, a assuré leur communication (largement calomnieuse) à travers les trois agences de presse de l'OTAN et leur diplomatie jusqu'au Conseil de Sécurité de l'ONU, leur a livré des armes chimiques interdites dès 2011 et les a lourdement protégés contre les conséquences internationales de l'usage de ces monstruosités (notamment sarin en 2013 et ypérite en 2015), leur a équipé une route logistique transfrontalière afin de leur acheter en Turquie le pétrole volé à la Syrie pour faire baisser les cours et blesser le principal exportateur mondial, et les a affranchis de l'obligation de respecter tant les lois et coutumes de la guerre que le droit conventionnel des conflits.
 
Au niveau opératif, et sauf intervention directe massive de l'OTAN, une ligne de front se figera certainement le long de l'Euphrate, après la libération totale d'Alep. Au niveau stratégique l'initiative reste cependant dans les mains de l'axe agresseur. L'axe tentera encore de convaincre les Kurdes de retourner leurs armes contre l'armée syrienne et de marcher vers le sud, ce qui fournirait aussi une justification à l'extension de l'occupation du nord de la Syrie par l'armée turque de l'OTAN, mais les Kurdes resteront aussi réticents à quitter leur région qu'à combattre l'armée régulière et à contribuer à l'établissement d'une dictature islamique sunnite. L'axe tentera encore de convaincre ses membres européens d'entrer en guerre ouverte contre la Syrie, après une gesticulation unilatérale au Conseil de Sécurité de l'ONU (cet échec à l'ONU devant justifier la "solution" militaire), mais le déploiement du parapluie antiaérien russe dissuadera à l'avance, ou neutralisera sur le terrain, leurs incursions pilotées ou téléguidées. L'axe peut certes choisir de continuer dans la voie dans laquelle il s'est résolument engagé le 17 septembre à Deir ez-Zor et le 25 au Conseil de Sécurité, à savoir l'escalade frontale, Etats-Unis en tête. Mais ceux-ci, bien qu'ils aient tout intérêt à souffler sur les braises pour garder un sujet de conflit, ne veulent pas forcément s'essouffler (au moment où ils entrent activement en guerre contre le Yémen) tant que la situation du dollar n'exige pas l'action extraordinaire qui ne pourra être jouée qu'une fois. Pour sa part la Russie ne fournira pas plus qu'une protection antiaérienne voire une couverture aérienne à l'armée syrienne, et n'a pas l'intention d'aller attaquer les troupes supplétives de l'axe atlantico-arabe là où elles sont appuyées par l'armée de l'air d'autres grandes puissances.
 
Tandis que l'essentiel de la Syrie pourra s'atteler à une normalisation et une reconstruction qui n'auraient pas été nécessaires si la Russie avait aidé dès 2011 à sceller hermétiquement la frontière turque, on peut donc s'attendre au détachement d'un triangle entre l'Euphrate, la frontière turque et la frontière irakienne, qui rejoindra l'état de délabrement et détresse du nord de l'Irak, c'est-à-dire un Etat Islamique fui par les populations violées et décapitées, et peu attractif pour les moudjahidines centre-asiatiques et ouest-européens qui comptent autant sur le butin et la gloire que sur le salaire.

vendredi 30 septembre 2016

Deutsche Bank

On entend des appels au gouvernement allemand pour sauver la Deutsche Bank.
 
Mais sachant que le dernier effondrement de son cours a été provoqué par l'exigence d'un "arrangement pré-judiciaire" (sous la menace d'une amende judiciaire supérieure) de quatorze milliards de dollars par les Etats-Unis d'Amérique alors que la banque valait déjà moins de dix-sept milliards (la dépréciation de ces deux derniers jours a ramené sa valeur au-dessous de quatorze milliards), et afin d'éviter les frais d'intermédiaires bancaires et administratifs, les contribuables allemands préfèreraient peut-être envoyer la rançon directement à l'oncle Samuel. Certes cela représenterait peu par rapport aux pertes qu'entraîneraient des sanctions séoudites contre les Etats-Unis, à savoir la mise brutale sur le marché de toutes les obligations états-uniennes détenues par l'Arabie afin de faire s'écrouler le dollar. Et quel que soit le sacrifice que cela représenterait pour les Allemands, quatorze milliards de dollars ne représenteraient jamais que quatre jours d'impression monétaire (et d'émission de dette) pour les Etats-Unis. Si donc ces derniers n'étaient pas vraiment intéressés par cette somme dérisoire pour eux (1% de leur émission monétaire annuelle) mais par la nécessité de détourner l'attention de la menace séoudite, et surtout de saper tout refuge alternatif au dollar pour le grand capital apatride, l'agression viserait en réalité, au-delà de la Deutsche Bank, la monnaie commune européenne, et la saignée des Allemands ne serait que le prélude à une curée plus large des Européens.
 
Dans ce cas le gouvernement allemand et ses partenaires auraient mieux à faire que de régler des rançons, à commencer par un petit déballage médiatique coordonné de vérités économiques, monétaires et arithmétiques.
 
On peut souhaiter une bonne fête de l'Unité aux Allemands, en leur recommandant de retirer un peu de liquide aujourd'hui en prévision de la gueule de bois de mardi matin. Et garder une pensée compatissante pour les Suisses dont le gouvernement a capitulé juste après le Jeûne Genevois, avant l'échéance de l'ultimatum d'une semaine reçu le 31 août 2011.

mardi 27 septembre 2016

escalade au Levant

La coalition islamo-atlantiste contre la Syrie a donc décidé l'escalade et l'a clairement exprimé ce dimanche 25 septembre 2016 à l'ONU.
 
Au niveau des détails tactiques, il faut rappeler que l'armée turque n'a pas avancé aussi vite que prévu. Son objectif prioritaire, de couper en deux les territoires kurdes, n'a pas encore été atteint en dépit de sa parfaite coordination avec l'Etat Islamique qui, contredisant la propagande turque, se retire sans combat de chaque village (depuis Jarablus) au moment même de l'arrivée des forces turques, afin d'éviter de laisser un intervalle où pourraient s'infiltrer les milices kurdes. Or les Kurdes ne tentent pas de s'opposer follement à l'armée turque mais ils continuent de reprendre certains territoires à l'Etat Islamique, qui pour sa part ne peut plus compter que sur les parachutages "erronés" hebdomadaires états-uniens de munitions, leur cordon logistique avec la Turquie ayant été coupé par l'aviation russe (autre raison de l'entrée de l'armée turque en Syrie). Mais l'objectif de la Turquie n'a pas changé, et elle a encore annoncé ce 26 septembre qu'elle progressera vers le sud au moins jusqu'à la ville de Manbij pour y établir une "zone de sécurité" (c'est-à-dire une zone occupée) de cinq mille kilomètres carrés, permettant d'une part de rétablir le cordon logistique nord-sud de l'Etat Islamique et d'autre part de couper les territoires kurdes entre une portion est et une portion ouest.
 
Cependant la grosse préoccupation de la coalition occidentale et sunnite est la libération en cours d'Alep, première ville et capitale économique du pays, par l'armée syrienne. D'assiégée dans les quartiers ouest et sud où s'étaient réfugiées les trois quarts de la population des quartiers nord-est, l'armée est maintenant en passe de libérer ces derniers du terrorisme islamiste, ce qui explique la fiévreuse activité occidentale depuis un mois pour "faire cesser les violences", c'est-à-dire arrêter la contre-offensive gouvernementale. Cela s'est traduit par une campagne de propagande médiatique (dont les faux Casques Blancs metteurs en scène du garçonnet sur le siège orange) accusant le gouvernement syrien de bombardements de sa propre population civile avec l'aide de l'aviation russe, afin de faire monter une pression "humanitaire" de nature à préparer des initiatives auprès de l'ONU en faveur de l'établissement de zones de sécurité ou de non survol par les aviations syrienne et russe, en clair la confiscation de l'espace aérien syrien. Toute présentation d'une telle demande au Conseil de Sécurité est assurée d'être rejetée par au moins la Russie, seul pays dont l'armée de l'air est présente en Syrie non en violation de son intégrité territoriale mais à son invitation en vertu d'un accord de défense (contrairement aux armées de la coalition anti-syrienne). Un tel projet de résolution ne peut donc pas être présenté de bonne foi mais uniquement dans l'objectif de blâmer la Russie : les ennemis de la Syrie formulent leurs projets de résolutions non pour faciliter leur acceptation mais pour assurer leur rejet.
 
Pour sa part la Russie prend toujours ses partenaires occidentaux au mot quant à leurs intentions pacificatrices. On se rappelle qu'en 2013, tout en soutenant les demandes d'enquête internationale formulées par la Syrie sur les utilisations d'armes chimiques, la Russie avait désamorcé les préparatifs guerriers de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord et du Conseil de Coopération du Golfe en soumettant in extremis un projet de désarmement chimique immédiatement accepté par la Syrie (d'ailleurs toujours pas imposé aux factions étrangères dites "opposition syrienne"). De la même manière, et de même qu'elle appelle régulièrement les Etats-Unis à coordonner avec elle leurs opérations prétendument antiterroristes en territoire syrien, la Russie a récemment proposé un deuxième cessez-le-feu pour concrétiser les grandiloquents appels occidentaux à cesser les combats. Le 9 septembre 2016 à Genève, les ministres des Affaires Etrangères respectifs Sergueï Lavrov et John Kerry ont signé un ensemble de cinq accords censés entrer en application le 12 septembre, et effectivement imposés par la Russie au gouvernement syrien, unilatéralement puisque la guérilla islamiste n'y a pas été invitée par les Etats-Unis ou les viole par dizaines de fois tous les jours. Les Etats-Unis se sont alors opposés à la publication de ces accords (qui semblent mal acceptés par le Pentagone) mais ont déclaré qu'un cessez-le-feu avait été signé et ont invité tous les pays, ainsi que l'ONU, à forcer la Syrie à l'appliquer, aussi la Russie a demandé plusieurs fois aux Etats-Unis de consentir à une publication conjointe des accords. Les Etats-Unis ont insisté pour que ces accords restent secrets, mais le 23 septembre ils ont, sans concertation, communiqué l'essentiel de l'un de ces accords bilatéraux (sorti de son contexte) à leur presse pour accuser la Russie de ne pas l'avoir fait appliquer par la Syrie, ce qui obligea la Russie à publier l'intégralité de l'accord (sans pour autant dévoiler les autres sans l'assentiment des Etats-Unis) et souligner le fait que la première clause de ce premier accord, et clef de voûte de l'ensemble, était la distinction et la désignation, par les Etats-Unis, des mouvements de la guérilla qu'ils considèrent comme terroristes à combattre et des mouvements de la guérilla qu'ils considèrent comme "modérés" à épargner, distinction qui leur est demandée par la Russie depuis qu'ils l'accusent de combattre leurs "bons" moudjahidines anti-syriens. Evidemment les Etats-Unis n'ont pas procédé à cette désignation et ont même avoué publiquement, juste après la signature de l'accord, qu'il était impossible de distinguer la guérilla terroriste de la guérilla "modérée".
 
Entretemps a eu lieu samedi 17 septembre l'attaque des positions syriennes de Deir ez-Zor par l'armée de l'air états-unienne, renforcée d'avions de plusieurs pays (pas tous de l'OTAN) vraisemblablement dans un souci de dilution de responsabilité puisque les Etats-Unis avaient les moyens de mener cette attaque seuls. En l'occurrence ils ont attaqué des positions tenues par l'armée syrienne, localement assiégée par la guérilla, depuis plusieurs années. Soucieux d'éviter une confrontation défensive antiaérienne directe, l'état-major russe a immédiatement protesté auprès de l'état-major états-unien, qui a dans un premier temps refusé de prendre l'appel afin de mener l'opération jusqu'à son terme, à savoir quatre vagues successives sur plus d'une heure, consistant d'abord en bombardements puis, selon un témoignage, en mitraillage au canon de 30 mm pour achever les derniers témoins (ce qui serait un crime de guerre de plus). Opération de préparation et d'appui à une offensive terrestre de l'Etat Islamique, elle a été coordonnée avec celui-ci à la minute près, ce qui laisse deviner la présence d'un officier de liaison et de guidage au sol états-unien au sein des forces de l'Etat Islamique. En effet l'exploitation d'une frappe, qu'elle soit aérienne ou d'artillerie, doit être conduite à la minute près : si on donne l'assaut trop tôt on risque d'être bombardé en même temps que l'ennemi, si on donne l'assaut trop tard il risque d'avoir le temps de "relever la tête", il faut donc se lancer dès qu'est passé le dernier avion (ou tombé le dernier obus) et avant que l'ennemi comprenne que c'était le dernier. Si l'intervalle entre les coups était d'une minute il faut lancer l'assaut terrestre moins d'une minute après le dernier coup (lorsque l'ennemi attend encore le suivant), donc être en contact avec l'appui aérien ou d'artillerie qui annonce que le dernier coup est parti. Or l'assaut des moudjahidines de l'Etat Islamique a été parfaitement coordonné, et s'est effectivement soldé par une victoire sur l'armée syrienne. Et ce 26 septembre la présidente du parlement syrien a révélé que le renseignement syrien avait enregistré les communications de coordination entre l'armée de l'air états-unienne et les forces au sol de l'Etat Islamique. La Russie en a certainement été informée immédiatement mais a dû conseiller, comme d'habitude, de laisser les Etats-Unis s'enferrer dans leurs mensonges avant de publier des preuves contraires. Les Etats-Unis n'ont d'ailleurs pas manqué de prétexter l'erreur d'identification, tout en bredouillant que leur renseignement opérationnel observait ces positions (tenues par l'armée syrienne depuis plusieurs années) depuis plusieurs jours.
 
Il est opportun de remarquer que les Etats-Unis, plus familiers des actions stratégiques que tactiques, pratiquent peu l'attaque au sol de cibles militaires éventuellement réactives, et préfèrent le bombardement de populations civiles à haute altitude. Quant à leurs attaques factices contre l'Etat Islamique, elles sont rarement meurtrières. Cette remarque sur leur mode d'action, ajoutée au fait qu'il s'agissait de leur première attaque frontale directe contre l'armée syrienne depuis leur intrusion dans le pays, montre bien d'une part qu'il s'agissait d'une action mûrement décidée, et d'autre part que l'enjeu était important. De toute évidence leurs supplétifs islamistes au sol ne sont plus en mesure de marquer des points sans appui aérien direct et allaient définitivement perdre Alep, de même que l'armée loyaliste n'est plus en mesure de libérer le triangle oriental syrien sans soutien russe... malheureusement réduit à la portion occidentale "vive" du pays, la Russie évitant d'intervenir dans l'est dont l'armée syrienne a été chassée et où les Etats-Unis ont installé leur chape aérienne. Sur le plan tactique Deir ez-Zor qui abrite, sauf erreur, l'aérodrome le plus oriental encore tenu par le gouvernement syrien, est encore plus cruciale pour celui-ci que Hassaké car elle contrôle la route vers l'Irak. Sur le plan opératif il semble que les Etats-Unis aient décidé, afin de refouler la Syrie à l'est de l'Euphrate et compte tenu de la réticence des milices kurdes à sortir de leurs territoires pour pousser vers le sud (et de la lenteur inattendue de l'armée turque pour sa part réticente à une confrontation avec la Russie), de pousser Al Nosra vers le nord pour opérer la jonction avec l'armée turque, permettant à l'Etat Islamique de se retirer vers l'est pour se redéployer dans le triangle oriental, hors d'atteinte de l'armée syrienne ainsi bloquée à l'ouest de l'Euphrate, et continuant de fournir ainsi un prétexte à l'intervention états-unienne entre celui-ci et la frontière irakienne. On rappellera ici entre parenthèses que si les forces armées états-unienne et turque relèvent d'acteurs bien distincts au sein de l'OTAN, et si les milices kurdes originellement loyales à l'Etat syrien poursuivent des intérêts strictement régionaux (parfois transfrontaliers), l'Etat Islamique et le front Al Nosra, récemment rebaptisé Al Cham pour l'esthétique, ne sont que deux corps d'armée relevant d'un même commandement atlanto-sunnite, dont les combattants voire des unités entières passent facilement de l'un à l'autre en fonction des nécessités de la communication occidentale ou des livraisons d'armes par leur centrale de réception commune l'Armée Syrienne Libre ouverte en Turquie. En tout cas sur le plan stratégique, l'opération états-unienne à Der ez-Zor était l'occasion d'annoncer une entrée en guerre directe contre la Syrie et éventuellement contre la Russie.
 
Peu gênés d'avoir été pris en flagrant délit d'appui feu aérien au profit de l'Etat Islamique, les Etats-Unis ont lancé trois jours plus tard une campagne visant non seulement à faire oublier cette opération mais de plus à accuser la Syrie et la Russie, tout en faisant avancer leur objectif maintes fois répété de confisquer l'espace aérien de la Syrie. L'attaque contre un convoi humanitaire para-gouvernemental et international (Croissant Rouge et ONU), détruit par le feu le 19 septembre à Urum al Kubra (nord-ouest d'Alep) suite à une ou plusieurs explosions sans cratères d'origine aérienne, leur en a fourni l'occasion. Pour mémoire, le gouvernement syrien a longtemps demandé qu'on assure le passage des convois humanitaires en direction d'Alep assiégée par la guérilla islamiste, et on ne compte plus les appels publics de la Russie dans le même sens (encore ce 26 septembre), alors qu'au contraire les Etats-Unis ont formellement interdit à la Grèce et à la Bulgarie de laisser passer l'aide humanitaire envers la Syrie par voie aérienne, de la même manière que ses alliés de l'OTAN dans l'Union Européenne ont tout fait, on s'en souvient, pour interdire la livraison d'aide humanitaire aux populations du sud-est de l'ex-Ukraine attaquées par l'armée du pouvoir issu du coup d'Etat du 22 février 2014. Et de la même manière le front Al Nosra, systématiquement opposé au passage de toute aide humanitaire pour Alep (où il tient une portion de population en otage comme boucliers humains), avait précisément annoncé que ce convoi-là ne passerait pas si l'armée régulière ne se retirait pas préalablement de la région. Accompagné par le Croissant Rouge qui travaille en partenariat avec le gouvernement, et venant de passer un point de contrôle gouvernemental de son contenu, ce convoi avait donc été demandé, approuvé et parrainé par le gouvernement syrien. La vidéo d'observation russe, publiée en réponse aux nombreuses accusations proférées par le gouvernement états-unien contre la Russie, montre un véhicule de moudjahidines remorquant un mortier lourd suivant le convoi après le dernier point de contrôle gouvernemental, mais les premières images diffusées notamment par les faux Casques Blancs (qui passaient par là aussi opportunément que la télévision bosno-turque au marché de Markale) montraient un nuage de poussière métallique caractéristique des attaques par avion télécommandé états-unien Predator, dont le survol révélé par la Russie a été reconnu par les Etats-Unis qui déclarent que leur drone a tout filmé mais qu'ils ne diffuseraient pas l'enregistrement... tandis que les médias occidentaux, eux, en épurant leurs films après avoir appris qu'ils diffusaient les images indiscutables d'un nuage d'aluminium, avouent de ce fait leur partialité et leur mépris de l'information. Les Etats-Unis vont jusqu'à assurer que deux Sukhoï-24 ont attaqué le convoi pendant plus de deux heures, ce qui est non seulement incompatible avec les dégâts occasionnés mais aussi avec l'emploi possible de tels avions.
 
Dès le 20 septembre les Etats-Unis ont multiplié leurs intimations à la Syrie et à la Russie de ne plus survoler le nord de la Syrie. La presse des pays de l'OTAN appelait de nouveau depuis plusieurs mois, sous prétexte d'humanitarisme et avec le renfort des images des faux Casques Blancs, à ouvrir des "couloirs humanitaires" non contrôlés entre le réduit islamiste d'Alep et la frontière turque, vraisemblablement pour y acheminer le même genre d'aide que transportaient en Bosnie et Herzégovine les convois des organisations para-gouvernementales des pays de la Conférence Islamique et parfois même certains convois de l'ONU parasités, puisque dans le même temps les islamistes eux-mêmes refusent le passage de la véritable aide humanitaire conjointe de l'ONU et du Croissant Rouge contrôlée par le gouvernement syrien. Les Etats-Unis ont même demandé au Conseil de Sécurité, le 21 septembre (quatre jours après leur attaque aérienne contre l'armée syrienne), l'établissement de "zones d'exclusion aérienne" de l'aviation gouvernementale et de son alliée russe au-dessus des territoires contrôlés par la guérilla islamiste, c'est-à-dire la confiscation de l'espace aérien syrien par les Etats-Unis au profit de leurs troupes supplétives au sol.
 
L'annonce de la signature d'un accord de cessez-le-feu avec la Russie, le refus d'en dévoiler le contenu complet et donc de reconnaître que ce sont les Etats-Unis qui n'ont pas rempli leurs obligations (la distinction entre factions armées "terroristes" et factions armées "modérées" et le classement du front Al Nosra), puis l'escalade militaire contre les forces gouvernementales habilement suivie d'accusations d'attaque du convoi humanitaire par la Russie, permettent évidemment aux Etats-Unis de tenter de se présenter comme un facteur de paix et de présenter la Russie comme violatrice d'accords de cessez-le-feu (que la Russie finira probablement par divulguer au complet pour confondre les Etats-Unis), alors qu'il avait été respecté depuis le 12 septembre par l'armée syrienne et violé ou ignoré par toutes les factions islamistes qui étaient justement censés, par son respect, se ranger sous la bannière "modérée" que les Etats-Unis entendent distinguer de l'Etat Islamique. Accessoirement cela permet aussi aux Etats-Unis de ne pas entrer dans l'application des détails concrets des accords, notamment l'établissement d'une coordination opérationnelle avec la Russie matérialisée par un état-major commun de renseignement et de coordination, ce que demande la Russie depuis le début de son intervention en Syrie et que les Etats-Unis rejettent catégoriquement tout en accusant la Russie d'attaquer les "bons" moudjahidines et en refusant d'indiquer qui et où sont ces derniers.
 
Certains centres de pouvoir aux Etats-Unis tenaient à mettre déjà le pied dans l'une des cinq portes possibles d'escalade contre la Russie (les autres étant la Baltique, l'ex-Ukraine, la Mer Noire et le Caucase) avant l'hypothétique élection d'un gouvernement états-unien plus isolationniste, pour les impérieuses raisons que l'on approfondira prochainement.
 
Le 22 septembre le ministre syrien des affaires étrangères Walid Mouellem (dernier ministre chrétien pas encore assassiné) a encore appelé, devant l'Assemblée Générale de l'ONU, à une résolution politique par le biais d'un gouvernement de réconciliation nationale puis d'un referendum constitutionnel, tout en exigeant le retrait des forces étrangères, tant les mercenaires islamistes introduits par la frontière turque (il en resterait près de 150000 sur les 360000 entrés depuis 2011) que l'armée turque elle-même.
 
Au niveau du Conseil de Sécurité, et en riposte à la convocation d'urgence des Etats-Unis devant celui-ci le lendemain de leur attaque contre la Syrie (dimanche 18), les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France ont convoqué la Syrie devant le Conseil de Sécurité ce dimanche 25 pour lui proférer devant les autres membres du Conseil leurs accusations incohérentes au sujet de l'attaque du convoi humanitaire, puis lorsque la parole a été donnée à la Syrie ces trois membres de l'OTAN, et membres permanents du Conseil de Sécurité, ont ostensiblement, d'un seul mouvement silencieux coordonné à l'avance, quitté la salle. Pour mémoire le Conseil de Sécurité n'est ni un prétoire médiatique ni une cour d'accusation, mais une instance de concertation entre pays souverains soucieux de préserver la paix internationale. La Russie proteste contre ce dévoiement de l'instance internationale suprême et ce mépris de la communauté internationale, mais en fait ce mouvement fort peu diplomatique de refus d'entendre la réponse d'un pays souverain qui vient patiemment d'écouter son acte d'accusation infondée signifie clairement le choix de la confrontation, et sur un autre terrain.
 
Les trois puissances nucléaires de l'OTAN viennent de déclarer publiquement la guerre à la Syrie du haut de leur chaire au Conseil de Sécurité de l'ONU. On devine la suite, elles préparent déjà un projet de résolution destiné non pas à l'approbation des douze autres membres du Conseil mais aux trois agences de presse de l'OTAN qui dictent l'information occidentale et le présenteront comme une "résolution du Conseil de Sécurité bloquée par la Russie", ce qui justifiera de passer outre le Conseil.
 
Le 3 septembre 2013, lorsque les Etats-Unis ont tiré (depuis l'ouest de la Méditerranée) deux missiles balistiques contre la Syrie pour tester la défense antimissile russe récemment déployée, la Russie les a détruits mais a aussi vraisemblablement averti les Etats-Unis de ne pas recommencer, tout en sauvant leur face en leur proposant d'accepter, à titre de victoire alternative, le démantèlement des armes chimiques de la Syrie. Pour sa part la France, toujours frustrée de l'annulation au dernier moment (et sans concertation) de l'agression directe contre la Syrie début septembre 2013), vient d'annoncer l'envoi, le 19 septembre (mais vraisemblablement décidé depuis mai ce qui indiquerait une préméditation de l'OTAN), du porte-avions français l'ex Richelieu rebaptisé de Gaulle. Aujourd'hui 27 septembre, l'OTAN annonce l'envoi d'avions de détection aérienne AWACS, plus adaptés à la poursuite d'avions (dont les islamistes sont dépourvus) qu'à la chasse aux Toyota d'Al Nosra et aux Humvee de l'Etat Islamique
 
Il est à noter que l'annonce n'émane pas des Etats-Unis ou d'un autre membre de la coalition anti-syrienne mais bien directement du Secrétaire Général de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord, Jens Stoltenberg, en marge d'une réunion de ministres de la défense de l'Union Européenne.
 
On a décidé l'escalade.

mardi 20 septembre 2016

plus c'est gros plus ça repasse

On l'a compris depuis Markale II, réédition de Markale I qui avait si bien marché, la répétition paie mieux que l'imagination car elle assure qu'une opinion bien matraquée la première fois reconnaîtra facilement l'événement la deuxième fois. La vérité importe peu si le mensonge est crié plus fort par tous les médias, et si de plus un membre permanent du Conseil de Sécurité est en mesure d'interdire la publication des gênants résultats de l'enquête quelques années plus tard.
 
On se rappelle que lorsque le gouvernement syrien a fini par obtenir l'envoi d'une mission internationale d'enquête sur le bombardement chimique du 19 mars 2013 près d'Alep dont l'accusait unanimement la presse islamo-atlantiste nourrie par les agences de presse des pays de l'OTAN, et que l'arrivée de la commission d'enquête a été annoncée pour le 25 août 2013, de nouvelles attaques chimiques ont été perpétrées le 21 et le 24 août près de Damas et la commission a alors été déroutée là (où elle fut immédiatement attaquée par les islamistes), avec d'ailleurs le pas très curieux mandat de confirmer si une attaque chimique avait eu lieu mais l'interdiction de chercher à en déterminer les responsables.
 
Ce samedi 17 septembre 2016 les Etats-Unis d'Amérique, et certains de leurs alliés, ont été pris en flagrant délit de fourniture d'un appui feu aérien à une attaque cruciale de l'Etat Islamique contre l'armée régulière syrienne qui tentait de reprendre le contrôle de la frontière syro-irakienne, menaçant sérieusement la continuité des lignes logistiques de la guérilla islamiste, laquelle a immédiatement exploité l'appui aérien avec une parfaite coordination temporelle. D'après les témoignages, cet acte de guerre contre un Etat souverain a été doublé d'un crime de guerre puisque les avions ennemis, après avoir détruit l'unité syrienne, sont revenus en achever les blessés en les mitraillant, vraisemblablement au canon de 30 mm.
 
Les Etats-Unis ont été convoqués en urgence devant le Conseil de Sécurité de l'ONU pour s'en expliquer, la presse des pays membres de l'OTAN n'a pas fait état des débats et la Russie, à l'origine de la convocation, a joué de sa discrétion habituelle pour sauver l'image du pays qu'elle s'obstine à qualifier de partenaire. Sur un autre sujet, le vol MH-17 abattu par l'Ukraine, commence à apparaître l'ampleur de la pression exercée pour produire des fausses preuves contre la Russie.
 
Si on se rappelle les affaires de bombardements d'hôpitaux par les Etats-Unis généralement suivis d'accusations contre la Russie, il n'est au fond pas très surprenant qu'à peine trois jours après ces exactions étatsuniennes en Syrie, la Russie soit accusée nommément, par les Etats-Unis, d'avoir attaqué un convoi humanitaire de l'ONU, qui a d'ailleurs effectivement brûlé et vraisemblablement été attaqué par quelqu'un.
 
Opportunément, comme les équipes de télévision bosno-turques qui passaient toujours par là au moment où le marché de Markale (par exemple) allait être "pilonné", il y a des vidéogrammes déchirants réalisés presque par hasard par les faux Casques Blancs de la guérilla islamiste, rendus célèbres par leurs calomnies contre la Russie juste après le début de son intervention d'appui à la Syrie, et encore plus célèbres depuis leur récente réussite du garçonnet sur le siège orange, seule photographie publiée par les médias occidentaux parmi les dizaines d'autres qu'a réalisées le même photographe, pas toujours en casque blanc, pas toujours sans armes, pas toujours très neutre, et pas toujours compatissant envers les victimes, comme en témoignent notamment les enquêtes fournies de Vanessa Beeley.
 
On reviendra très prochainement sur l'imposture de ces faux Casques Blancs auxquels la presse atlantiste permet de continuer d'usurper l'appellation des seuls White Helmets reconnus par l'ONU depuis 1994.

dimanche 11 septembre 2016

opération Ronces - méthode tactique

L'estimation basse des effectifs nécessaires à l'opération Ronces a suscité de nombreuses réactions. Sur la question non de l'opportunité mais des moyens, une réaction typique consiste à dire "il suffit de donner carte blanche à l'armée et elle se débrouillera", comme s'il suffisait d'ordonner au ministre de l'aménagement du territoire de coloniser la Lune pour que ça se fasse. Il faut se rendre à l'évidence, et on ne va pas paraphraser ici l'étude exposée dans le Septième Scénario, il n'existe plus d'armée française puisque le gouvernement n'a conservé que quelques brigades. D'ailleurs pour manier la matraque et les menottes ou apaiser un auto-explosif fanatisé, l'Education Nationale a des effectifs plus conséquents et des savoir-faire plus appropriés que l'informaticien pointeur ou le camionneur livreur d'obus d'un canon de 155 mm.
 
Il faut donc procéder avec méthode. Selon M. Zemmour l'objectif de cette opération serait de "reconquérir ces terres devenues étrangères". Le pourquoi, pour combien de temps et pour quoi y faire ensuite appartient à l'échelon politique. Pour sa part l'état-major, cité dans le "quinquennat pour rien", traduirait cela en un nouvel état de choses à l'issue de l'opération, en l'occurrence le rétablissement de la souveraineté de la France (matérialisée par l'autorité de l'Etat) sur l'ensemble de son territoire. L'analyse de cette mission ferait apparaître la nécessité d'obtenir un effet majeur, la neutralisation de l'adversaire intérieur, dont le centre de gravité se situe dans les enclaves de droit non français. Tous les modes d'action possibles comprendraient au moins le bouclage et la perquisition de cinq mille enclaves (le centre de gravité), dont aucune ne peut être l'affaire de moins d'une compagnie (cent hommes) et une dizaine nécessiteraient une division (dix mille hommes), ainsi que le contrôle de quinze millions de personnes (l'effet majeur), soit, pour reprendre la référence citée par M. Zemmour, trente fois la population d'Alger en 1957. Tout cela devrait être mené simultanément. Enfin l'échelon politique imposerait certainement un impératif, la localisation et la neutralisation sur l'ensemble du territoire de quelques milliers de binômes auto-explosifs. Il n'y a besoin ni d'être un expert en gendarmerie ou en défense territoriale, ni d'avoir fait l'Ecole de Guerre, pour comprendre qu'il y faudrait des effectifs d'un autre ordre de grandeur que la Gendarmerie Nationale actuelle.
 
Tout tacticien reconnaîtra que la vague estimation minimale annoncée pour la première phase n'est pas exagérée. L'opération Ronces pourrait rester "dans les cartons" pour encore un certain temps.

jeudi 8 septembre 2016

opération ronces - première et deuxième phases

Les commentaires de Stratediplo sur l'opération Ronces annoncée par Eric Zemmour, et sa confirmation répétée que "évidemment ce plan existe", ont été pris suffisamment au sérieux pour obliger à dévoiler maintenant les deux premières phases de ce plan.
 
En effet on a consacré, l'année dernière, plusieurs mois à l'étude méthodique des réactions gouvernementales possibles à la sécession locale d'une minorité adepte d'une idéologie distincte, étude qui a débouché sur la rédaction du Septième Scénario.
 
On évacuera rapidement la question de l'adaptation nécessaire des méthodes israéliennes. D'une part le régime français actuel n'envisage ni peuple en armes ou armes chez le peuple, ni égalité des sexes pour trois ans de service militaire obligatoire. D'autre part les territoires métropolitains où s'exerce un droit non français sont constitués pour l'essentiel de grands ensembles d'immeubles collectifs, et non pas de petites maisons comme en Palestine, aussi la pratique israélienne de destruction systématique de toute habitation ayant hébergé un combattant adverse changerait drastiquement l'apparence du paysage suburbain français et engendrerait très vite des millions de sans-abris n'ayant plus rien à perdre.
 
Un expert aux sources sûres a assuré ce 8 septembre qu'il y a un quart de siècle, avant même la guerre de religion en Bosnie et Herzégovine, une division d'infanterie avait été préparée à la "reprise de la ville de Roubaix sous contrôle de milices islamiques", tâche qui n'a laissé ni trace ni souvenir (à un moment où les états-majors disséquaient l'improvisation Daguet) mais correspondrait effectivement aux capacités d'une telle division de l'époque, ou, il n'est pas inutile de le préciser, à l'effectif maximum prévu aujourd'hui pour l'ensemble de l'armée française en cas de "projection" (intervention) intérieure, sachant que son corps expéditionnaire représente, lui, l'équivalent d'une division d'infanterie et demi de l'époque. Certes, des Roubaix il en existe plusieurs, et des territoires qui ont échappé à la souveraineté du pays, en métropole, il y en a aujourd'hui plusieurs milliers, pas tous d'une taille justifiant l'intervention d'une division mais aucun pouvant être "repris" par moins d'une compagnie.
 
Quelques années plus tôt la défense territoriale (distincte du corps de manœuvre blindé mécanisé) alignait plusieurs centaines de milliers d'hommes pour chasser et détruire de manière décentralisée, sur l'ensemble du territoire, les petites équipes de Spetsnaz vouées aux sabotages et exécutions ciblées, et dont le volume maximum affecté par l'Union Soviétique au théâtre français était bien inférieur au nombre de "radicalisés" expérimentés présents aujourd'hui en France, et qui de plus n'évoluaient pas dans une communauté sympathisante d'un cinquième de la population française.
 
Et puisqu'Eric Zemmour a fait référence à la "bataille d'Alger", il n'est pas inopportun de rappeler que l'opération de pacification après la vague d'attentats, qui n'était pas une mission militaire, a nécessité en 1957 le déploiement pendant neuf mois, dans une ville moins peuplée que Strasbourg ou Bordeaux aujourd'hui, d'un effectif représentant une fois et demi le maximum que l'armée de terre est capable de déployer en métropole en 2016. Le gouvernement actuel (et ses prédécesseurs) s'est doté d'une capacité de traiter un "roncier" unique, bien délimité et très restreint en regard de l'ensemble du territoire national. Le Septième Scénario établit cependant en conclusion que, en s'affranchissant (en cas de péril) de sa planification officielle et à condition de pouvoir rapatrier à temps tous ses corps expéditionnaires, le gouvernement pourrait disposer d'effectifs permettant de traiter en même temps... trois autres "ronciers" équivalents.
 
Tout cela posé, on peut sans violer le moindre secret d'Etat avancer que la deuxième phase de l'opération Ronces sera l'instruction intensive, et orientée sur cette mission particulière, pendant six mois pour chaque unité devant être impliquée. Puisqu'un expert expliquait aujourd'hui que ce serait le rôle du Centre d'Entraînement aux Actions en Zone Urbaine, plus proche que la Palestine, on peut donc estimer la durée de cette deuxième phase en multipliant six mois par le nombre de sessions nécessaires pour former, par contingents de 250 stagiaires, les divisions ou les forces territoriales sélectionnées pour l'opération.
 
Avant d'aller plus loin on rappellera que, sans préjudice des valeurs absolues, la proportion des citoyens d'obédience étrangère parmi la population française est bien inférieure à ce qu'elle est en Palestine. On peut aussi raisonnablement supposer que le soldat qui défend sa patrie est plus motivé que celui qui soumet un territoire occupé, et on prendra pour hypothèse simplificatrice que six mois de formation intensive en France valent trois ans de service militaire en Israël.
 
La première phase de l'opération Ronces, et on laissera chacun calculer la durée de cette phase selon ses propres critères d'estimation, consistera donc nécessairement à recruter, en fonction des chances de succès que l'on souhaite donner à l'opération et de la durée que l'on souhaite lui consacrer, entre un et trois millions de militaires.
 
Avis aux volontaires.